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Romuald est le
hum-chef du troupeau. Ce bélier noir et malingre tente de gérer
l'ingérable, à savoir un troupeau de brebis qui a beaucoup, beaucoup
mieux à faire que de l'écouter. Libéré des exigences habituelles
du métier de bélier, Romuald dispose ainsi de beaucoup de temps,
qu'il utilise pour se livrer à des activités aussi diverses
qu'inhabituelles chez un ovin : poésie réaliste, tricot, réflexions
et théories diverses, peinture, photographie, aventure, violon,
drague, jeux de cartes, théâtre...
Quand il prend les choses en main -en sabot,
pardon- celles-ci ont une tendance certaine à déraper. Romuald
représente pourtant un élément stable dans les alpages, reconnu et
accepté parce qu'il participe à l'esprit qui y règne. Son
autorité, maintes fois remise en cause, vacille mais ne tombe jamais.
En cas de difficulté, ce qui arrive relativement souvent, on fait
appel à lui. ![]()
Ses capacités limitées à diriger sont de plus entravées par son
côté obscur qui l'amène de temps à autre à traverser des crises
de démotivation, de doute, d'interrogation sur sa condition, voir de
rejet d'icelle. Ces crises, fort heureusement, n'ont que d'effet que
peu de temps et n'entraîne que de petites catastrophes... ![]() Romuald reçoit parfois la visite de parents qui se révèlent avoir un caractère tout aussi trempé que le sien. Car Romuald est un personnage qui tout au long des albums a pris une dimension rare chez un personnage de bédé, et spécialement un animal... Leader "adulte" pris de réactions gamines, éternel insatisfait de sa condition (de quadrupède, d'animal, de mâle...), il utilise sa tête, et pas seulement lors de joutes (dont il sort toujours vaincu): on lui doit moult réflexions et théories importantissimes dans la narration du Génie des Alpages. C'est un personnage-clef, presque au même rang que le chien tant au niveau de son influence dans les récits qu'au point de vue de son humanité... |